Les médicaments traditionnels à base de plantes doivent obtenir une AMM
11/05/2011 16:55 par asformedmsg
Depuis le 1er mai, seuls les médicaments traditionnels à base de plantes qui ont été enregistrés ou autorisés peuvent être commercialisés dans l’Union Européenne. C’est ce qu’indique la Commission Européenne dans un communiqué.
Un médicament à base de plantes est considéré comme traditionnel lorsqu’il est utilisé depuis au moins 30 ans, dont 15 sur le territoire de l’UE. Une directive du 31 mars 2004 laissait sept ans aux fabricants de ces médicaments pour enregistrer leurs produits qui étaient déjà sur le marché à la date d’entrée en vigueur de la directive.
Ces médicaments bénéficient d’une procédure simplifiée. Ils doivent obtenir une autorisation de mise sur le marché mais il n’est pas nécessaire de procéder à des essais cliniques ou autres vérifications. Le demandeur doit fournir une documentation démontrant l’innocuité du produit dans les conditions d’utilisations spécifiées et prouver un historique de qualité du produit.
Les fabricants qui n’ont pas encore demandé d’autorisations peuvent toujours le faire selon la procédure simplifiée, mais ne peuvent pas commercialiser leurs produits en attendant.
Nous sommes environ 5000 médecins à siéger dans les commissions médicales du permis dans les Préfectures.
Notre rôle est déterminant dans le fonctionnement de celles-ci, mais manifestement sous-estimé.
Nos demandes (revalorisation, statuts, conditions de travail,...) sont reçues avec un dédain royal, quand elles sont seulement reçues, par nos autorités de tutelle.
Le prix de ces examens n’a pas été revalorisé depuis plus de 11 ans ( quelques centimes au passage à l’euro, alors même qu’il devait être réévalué en suivant la valeur du C ! (Circulaire du 25/06/1973 ministère du territoire, de l’équipement du logement et du tourisme)
Il y a 4 ans la Secrétaire d’État à la sécurité routière, Mme Cécile PETIT, et, son équipe, que nous avions rencontrées nous avaient demandé de créer un interlocuteur valable pour mener les négociations pour nos diverses demandes. Alors un syndicat des médecins du permis a été créé il y a 2 ans SMACMAC. Depuis cette date, et, malgré tous nos efforts, nous avons été, soit ignorés soit vaguement reçus, et nos légitimes revendications ont été refusées pour toutes sortes de motifs. Notre travail a même été montré du doigt et un audit a été commandé à notre encontre pour déterminer la qualité de notre travail !!..
Nous pensons que pour être pris au sérieux, et, enfin faire entendre notre voix, il faut refuser d’être à ce point déconsidéré.
Les sommes qui proviennent de notre activité au sein des commissions ne représentent qu’une faible partie de nos revenus, alors que notre rôle revêt une importance capitale pour la circulation routière. Et au nom du respect des engagements liant les parties en présence il est primordial de réclamer un statut et une rémunération juste et fidèle aux engagements.
Le gouvernement nous propose des réunions pour discuter de nos revendications, le calendrier prévu a tout pour nous enliser dans d’interminables réunions et discussions qui n’ont d’autre but que de gagner du temps et servir le jeu électoral. Il faut imposer dès à présent un aboutissement de nos revendications tarifaires (quitte a s’accorder un délai supplémentaire pour les autres aspects de nos revendications : statuts, retraites, conditions d’exercice).
Dans les Pyrénées Orientales, les médecins du permis sont tous regroupés depuis longtemps au sein d’une association (AMPEC66 - Association des Médecins du PErmis de Conduire du 66) Nous avons débuté une grève illimitée des examens en commission des permis de la préfecture à compter du 02/05/2011 pour signifier clairement que nous n’acceptions pas cet état de fait.Nous avons cependant préféré ne pas mettre en difficulté les professionnels de la route en conservant les consultations au cabinet.
Les médecins de la préfecture d’APT (84) sont également en grève, mais eux depuis le 1er Janvier 2011.
Nous vous invitons, tous, à organiser une réunion des médecins du permis dans votre département et faire voter la même grève : URGENT MAINTENANT.
Il serait souhaitable que le plus grand nombre de départements se joigne à nous pour donner encore plus de poids a cette revendication et l’aider a aboutir.
Nous sommes certains que nous n’auront rien sans montrer notre détermination à faire aboutir nos revendication.
Pour l’AMPEC 66,
Thomas SEDAGHAT
thomas.sedaghat@wanadoo.fr
04 68 53 42 97
Le nouveau patron de la Mutualité Française, Etienne Caniard ne veut pas uniquement jouer les utilités à l’occasion de la négociation de la future convention médicale. Il a proposé jeudi que les mutuelles puissent, elles aussi, passer convention avec les médecins.
Pour la première fois l’Unocam devrait véritablement avoir son mot à dire lors d’une négociation conventionnelle globale. Et, en l’occurrence, la Mutualité Française ne fait pas mystère de la position qu’elle souhaite défendre: donnant-donnant. Que les assurances complémentaires mettent la main à la poche, pourquoi pas ? Mais à condition qu’en contrepartie logique, « nous puissions, nous aussi, conventionner les professionnels de santé », a expliqué ce jeudi le patron de la Mutu devant les journalistes de l’AJIS (Association des journalistes de l’information sociale). Pour autant, développe Etienne Caniard, « les réseaux mutualistes qui seraient ainsi créés ont vocation à être ouverts et non fermés ». Hors de question en clair, pour les assureurs privés, de se livrer à une forme de certification d’un nombre restreint de professionnels de santé triés sur le volet. Ce n’est en tout cas pas l’approche choisie par la Mutualité Française.
« Nous ne sommes pas dans une logique de HMO », a insisté Etienne Caniard. D’autant moins que les expériences que nous pourrions ainsi monter, que ce soit en termes de nouveaux modes de rémunération ou de coopération interprofessionnelles ont vocation à toucher le plus grand nombre de patients et de médecins possible ».
Et le chef de file de la Mutualité de pointer du doigt l’une des incohérences du système actuel: l’hétérogénéité du taux de couverture complémentaire proposé. « Aujourd’hui, tous les acteurs du système s’inquiètent du pourcentage de Français qui ont accès à une complémentaire, sans s’intéresser au coeur véritable du problème. A savoir, l’éventail de prise en charge que les complémentaires couvrent véritablement ». Sans mystère, pour Etienne Caniard, c’est pourtant ici que se situe tout l’enjeu du niveau de couverture maladie équitable et satisfaisant pour les patients.
Enfin, côté médecins, sur le terrain du secteur optionnel qui devrait être (re)débattu au cours des négociations pour la prochaine convention, pourquoi ne pas déjà appliquer le protocole conclu en 2009, « un protocole plutôt équilibré », juge-t-il, mais dont l’application n’a jamais été effective.
François Petty- Le Généraliste
L'apport de vitamine D aux nourrissons est routinier. Des malaises imputables à la prise d'Uvestérol°, connus depuis 1996, sont parfois graves. En 2006, l'Agence française du médicament (Afssaps) a pris des mesures dont Prescrire avait mis en doute l'efficacité.
En France, depuis 2006, 23 cas de malaises graves ont été notifiés avec Uvestérol° : pâleur, rythme cardiaque irrégulier, pause respiratoire, perte de conscience, etc.
Les autres médicaments à base de vitamine D ne sont pas concernés. Le volume de la solution d'Uvestérol° administré, sa viscosité, son goût, la présence d'huile de ricin polyéthylénée sont des facteurs de survenue des malaises à envisager, selon Prescrire.
Pourtant, en 2010, l'Afssaps a décidé une simple nouvelle mise en garde, portant comme en 2006 sur des précautions d'emploi, en attendant des changements de formulation. Des demi-mesures qui compliquent la vie des soignants et des parents, sans protéger vraiment les nourrissons, le médicament restant sur le marché. L'Afssaps a même sous-traité à la firme le soin d'annoncer ces mesures aux soignants.
L'Afssaps a-t-elle oublié qu'elle est d'abord au service des patients, et non des firmes ? Combien de temps lui faudra-t-il pour tirer toutes les leçons du désastre du Mediator° ?
©Prescrire 1er mai 2011
Un homme de cinquante neuf ans. Pas grand chose comme antécédents. Un poil de surpoids, une tension limite, et comme seul vrai truc notable un trouble du rythme cardiaque, non permanent, qui survenait par poussées, et que les différents traitements essayés n’ont pas réussi à régulariser.
Un jour, alors qu’il se penche pour faire un bidule sur le siège arrière de la voiture, il perd un bout de son champ visuel, il ne voit plus que la moitié gauche de ce qui se passe. Du côté droit de ses yeux, plus rien.
Il appelle pour avoir un avis médical.
« Allez aux urgences ophtalmo », qu’on lui dit.
A ce stade de la lecture, théoriquement, tous les étudiants en médecine qui ont passé la première année hurlent à la mort.
Certains non-médecins doivent même se gratter la tête d’un air circonspect.
Le médecin qui a envoyé un cas typique, parfait, impérial d’AVC aux urgences ophtalmo, c’est moi.
Je n’ai même pas l’excuse de la jeunesse, j’étais déjà interne. Sept ans d’études de médecine derrière moi, pour un cas clinique tellement évident qu’on n’oserait pas le proposer à des troisième année sans leur rajouter des détails tordus qui n’ont rien à voir pour les perdre entre-temps.
Le type que j’ai envoyé aux urgences ophtalmo avec son AVC typique, c’était mon père.
Alors venez me demander pourquoi les médecins refusent de soigner leurs proches…
Je pense que j’ai eu un neurone rebelle, qui a commencé à clignoter pour m’envoyer des signaux.
J’ai appelé un ami médecin. Je me suis entendue dire au téléphone : « Homme de 60 ans, surpoids, flutter ancien, hémianopsie latérale homonyme de survenue brutale et heu…. heu… »
J’avais encore 393 neurones qui s’accrochaient désespérément au décollement de rétine. Et puis j’ai entendu le silence de mon ami, et puis des mots qui partaient : neuro, scanner, urgences. Je ne sais plus qui les a dits.
J’ai recollé mes neurones, j’ai dit « Bon, il fait un AVC, hein ? » et j’ai rappelé ma mère.
Ne vous vexez pas si un ami médecin refuse de vous donner son avis.
Au-delà même du fait que c’est putain de relou de devoir donner des avis à tout le monde, de devoir examiner le poignet de la grand-mère de son amoureux à un repas de famille, de devoir faire comme si on n’entendait pas qu’on est en train de nous demander un avis l’air de rien entre deux verres de rouge, on ne peut pas soigner un proche.
On ne peut pas faire du bon travail, on a les neurones qui s’encafouillent, on a l’espoir que c’est pas grave qui vient submerger les données cliniques, et on se noie.
Je sais que les informaticiens viendront me dire qu’ils en ont marre de devoir donner leurs avis sur les bugs de l’imprimante de la cousine Sylvie, mais ce n’est pas tout à fait pareil. C’est relou pareil parce qu’on n’est pas payés pour bosser 24h sur 24, mais l’imprimante de la cousine Sylvie, ça ne vous remue pas les tripes, ça ne vous bouleverse pas, ça ne vous fiche pas une frousse à dégoupiller 393 neurones sur 394.
Après de deux choses l’une.
Y a les gens dont on se fout. Pour qui c’est pas le moment, pour qui on n’est juste pas en service.
Après mon braquage, alors que j’étais dehors en train de fumer une 57ème cigarette au milieu de l’équipe de flics, y a cette fliquette toute mignonne qui a lâché : « C‘est rigolo que je sois appelée chez un médecin ce soir, parce qu’avec la fièvre que je me tape depuis deux jours… »
Je l’ai regardée en coin, en tirant ma septième bouffée.
« Non parce que j’ai cru que ça allait passer, mais là ça fait trois jours et puis j’ai maaaal à la gooorge ! »
J’ai expiré la fumée de ma septième bouffée, j’ai dit : « Heu, vous seriez pas en train d’essayer de me gratter une consultation, là, par hasard ?« , elle a dit « Huhu non non j’oserais pas voyons » , et j’ai pris ma huitième bouffée.
J’ai un truc, pour les gens dont on se fout.
Quand à une soirée un type me raconte son malaise et comment il est tombé dans les pommes et comment il a vu des étoiles, je fais « Haaaaaaaaaan ! Naaaaaaan ! Ahlala putain comment t’as dû avoir peeeeur uhuhuh lol »
Je rajoute beaucoup de « lol » et de « uhuhuh la fliiiiiippe mort de rire », et la plupart du temps on me fout la paix.
Avec la grand-mère de l’amoureux qui m’explique son Pouteau-Colles en me montrant son plâtre, je dis « Ohlala ça a pas dû être faciiiiiile »
Ca, c’est la technique pour les gens dont on se fout.
A ma voisine d’en haut, j’ai dit que j’étais secrétaire, ça marche bien aussi.
Et puis y a les gens dont on ne se fout pas.
Y a ma nièce que j’ai vue avoir le mal des transports et que j’ai failli chialer tellement elle avait l’air malheureuse à avoir envie de vomir comme ça.
Y a ma sœur qui accouche et pour laquelle je guette mon téléphone portable toute cette nuit de garde, en flippant ma mère parce que je sors d’un stage d’obstétrique où j’ai vu mon lot de drames, et pour laquelle j’ai pleuré de soulagement pendant quinze longues minutes comme une idiote juste parce qu’elle avait accouché d’une enfant qui va bien comme dans 99,9% des cas.
Ne nous demandez pas de vous soigner, nous ne sommes pas bons pour ça.
Les histoires d'une jeune généraliste, brutes et non romancées. Sinon c'est pas rigolo. (Et pour Google : Blog médecin)
J’ai eu une externe de 4ème année en stage. Charmante et intelligente. Un vrai plaisir comme bien souvent.
Je me souviens d’une consultation avec une jeune femme. C’était en fin de journée, il faisait beau, on avait le temps et tout le monde était de bonne humeur.
On parle gynécologie. La patiente me dit l’exigence de son gynéco de lui faire des frottis tous les ans et qu’elle n’aime pas bien ça.
Je me tourne vers l’externe, je lui demande ce qu’elle en pense. La conversation s’engage à trois.
Cette externe, qui sera bientôt médecin, déjà une soignante et qui, j’en suis sûr, sera une soignante attentive, nous explique que c’est son gynécologue qui lui prescrit sa contraception et qu’elle le voit donc tous les ans. Qu’il exige qu’elle ait, chaque année, un examen au speculum avec un frottis. Que, sinon, il refuse de lui renouveler sa pilule. Qu’il lui demande toujours de se déshabiller intégralement et qu’il lui fait une palpation des seins.
Et je découvre, stupéfait, que tout ceci lui paraît absolument naturel. Une obligation désagréable certes, mais une obligation évidente qu’il n’y a même pas à questionner.
Les échanges lors de cette consultation et par la suite ont été, je crois, une vraie révélation mutuelle et cette stagiaire, qui n’imaginait pas qu’une consultation gynécologique puisse se dérouler différemment, a fait un vrai travail de recherche sur la manière dont ça pouvait se passer, ailleurs, et sur le ressenti des femmes.
Et je lui ai validé son stage. (Oui, bon… j’ai toujours validé les stages… disons que je l’ai validé avec enthousiasme.)
Je passerai rapidement sur l’inutilité de pratiquer un examen gynécologique chez une jeune femme de moins de 25 ans qui ne se plaint de rien. C’est même assez inacceptable avant 20 ans, à un âge où l’on est encore dans la découverte de son corps et de la sexualité.
Si on veut installer l’idée que le sexe, plutôt qu’une source de plaisir amoureux, est un danger permanent qu’il convient de médicaliser et, ainsi, de « génitaliser », c’est même un très bon moyen.
Je ne m’attarderai pas davantage sur le pur scandale que représente ce chantage à exiger que le patient se plie aux contraintes qu’on entend lui imposer sous peine de se voir refuser toute prise en charge.
Rappeler à une femme de 30 ans que le frottis c’est important, c’est notre boulot. Refuser de lui prescrire sa contraception si elle n’accepte pas de s’y prêter, c’est lui placer un revolver sur la tempe. C’est une relation de pouvoir et non pas une relation de soin.
Ce que j’ai trouvé vraiment édifiant dans ce dialogue, c’est combien certaines de nos maltraitances pouvaient être perpétuées non pas parce que les soignants français seraient fondamentalement malveillants (il y a bien quelques connards sadiques dans le lot mais je suis sûr qu’ils sont minoritaires), mais parce que, tout simplement, ils n’interrogent pas leurs pratiques.
Même pétris d’une réelle volonté de bien faire, des soignants peuvent pourtant être maltraitants au nom du simple « on a toujours fait comme ça ».
Il est donc temps, de clore cette trilogie que je n’avais pas anticipée par deux gestes que je n’ai pas encore abordés.
La palpation des seins tout d’abord.
L’habitude de déshabiller intégralement les femmes ensuite.
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