Remboursement des bandelettes surveillance diabète

01/03/2011 09:44 par asformedmsg

Un arrêté paru dimanche au Journal officiel limite à 200 par an le remboursement par la Sécurité sociale des bandelettes utilisées par certains diabétiques pour mesurer leur glycémie.

 La prise en charge est "limitée à 200 bandelettes par an" pour "les patients traités par insulinosecréteurs (...) afin de rechercher ou confirmer une hypoglycémie et d'adapter si besoin la posologie" des médicaments, indique le texte.
La prise en charge est limitée dans les mêmes proportions pour les patients "pour lesquels il est recherché une amélioration de l'équilibre glycémique lorsque l'objectif n'est pas atteint, comme instrument d'éducation permettant d'apprécier l'effet de l'activité physique, de l'alimentation et du traitement", indique également l'arrêté.

Cette mesure ne concerne pas les insulino-dépendants.

Diabétiques, le controle intensif déçoit

01/03/2011 09:42 par asformedmsg

  • Diabétiques, le controle intensif déçoit

    Diabétiques, le controle intensif déçoit

    01/03/2011 09:42 par asformedmsg

Les publications post-hoc - parues en 2010 - des grands essais d’intervention de morbi-mortalité cardio-vasculaire (ACCORD, NAVIGATOR, ADVANCE, VADT etc.) ont ravivé, lors du congrès C?ur et Diabète (Paris, 11 et 12 février 2011), les débats sur l’intérêt pas si évident d’un contrôle intensif tensionnel, glycémique et lipidique chez le diabétique de type 2 à haut risque.

Les recommandations françaises imposent au diabétique des objectifs tensionnels plus bas qu’en population générale, à savoir 130/80 mmHg. Néanmoins, ces cibles reposent sur un faisceau d’arguments scientifiques relativement ténu. A la question « une réduction intensive de PA chez le DT2 apporte-t-elle un bénéfice en termes d’événements cardiovasculaires (CV) ? », l’analyse du bras ACCORD Blood Pressure (1) apporte des réponses. Sur la durée de l’essai, le bras intensif a atteint la cible tensionnelle, avec une différence d’environ 12 à 13 mm Hg entre les deux bras pour la diastolique, au prix d’une intensification du traitement avec au moins trois antihypertenseurs contre deux dans le bras standard. Et in fine, « il n’y a pas eu d’amélioration de la morbi-mortalité cardiovasculaire, ni pour les AVC non mortels, ni pour la mortalité CV en général, commente le Pr Michel Komajda (service de cardiologie, Pitié Salpetrière, Paris). La seule différence est un nombre d’AVC moindre dans le bras intensif (32 % versus 0,53 %), obtenu au prix de davantage d’événements indésirables graves (3,3 % directement rapportés aux antihypertenseurs contre 1,3 % dans le bras conventionnel) ». Avec plus d’hypokaliémies sévères, mais aussi une réduction considérable du débit de filtration glomérulaire, davantage d’augmentations de la créatinémie, et au contraire, moins de microalbuminuries. A noter, dans l’étude, la PA systolique de départ était bien contrôlée, le taux d’événements CV était faible et les plus de 79 ans ont été exclus du recrutement. « Finalement ACCORD HTA ne permet pas de conclure que plus la PA est basse, meilleur c’est pour le patient car les résultats sur les critères de morbimortalité sont négatifs, à l’exception d’un effet sur les AVC, lequel est d’ailleurs modeste, conclut Michel Komajda. Il n’y a donc pas d’argument pour baisser la PA systolique de façon agressive telle que définie dans cette étude chez le diabétique de type 2 (DT2) à haut risque CV ». Reste en suspens la question de la PA optimale chez le diabétique, qui n’est pas complètement résolue à ce jour.

Cholestérol : des fibrates en plus des statines ?

Autre hypothèse débattue lors du congrès C?ur et diabète : l’ajout d’un fibrate à une statine réduit-il le risque cardiovasculaire chez le DT2 à haut risque, comparé à une statine seule ? Apparemment non, à la lecture de l’analyse post-hoc d’ACCORD Lipid (2). A terme, la diminution du taux de cholestérol total dans le bras fenofibrate est modérée et -comme attendu- sans aucun effet sur le LDL-chol, lequel était déjà bien contrôlé à 1g/l. Le taux de HDL a été significativement accru dans le bras fenofibrate et le taux de TG réduit de l’ordre de 20 mg/dl, un effet lipidique conforme aux attentes. L’ajout de fenofibrate à une statine ne réduit pas le taux d’événements cardiovasculaires mortels, ni d’infarctus ou d’AVC non mortels par rapport à la statine en monothérapie. Pour Michel Komajda, « il n’y a donc pas d’indication à leur combinaison en routine chez tous les DT2 à haut risque CV. Cependant, les analyses en sous-groupes laissent penser qu’il y a peut-être une individualisation à envisager, et qu’en particulier les patients avec un LDL normalisé, un HDL bas et un taux de TG élevé (supérieur à 204 mg/dl dans l’étude), peuvent néanmoins bénéficier de cette combinaison ».

Les ARAII chez les intolérants au glucose

Une troisième étude complète le tableau : Navigator (Effect of Valsartan on the Incidence of Diabetes and Cardiovascular Envents) (3), dont le design était conçu afin de mettre à l’épreuve le blocage du système rénine angiotensine par un antagoniste de l’angiotensine II (ARA II) - en l’occurrence le valsartan- dans la réduction du risque de développement de diabète ou d’événements cardiovasculaires, chez 9300 patients intolérants au glucose. « Navigator confirme que l’adjonction d’un ARA II réduit l’incidence de diabète avéré de 14 %, sans pour autant et en cela c’est décevant, regrette le cardiologue, produire le moindre effet sur la survenue d’événements CV bien que la PA soit réduite de façon plus importante mais modeste dans le bras valsartan ». Comment expliquer cette absence d’impact? « Un quart des patients du groupe placebo a reçu en cours d’étude soit un IEC soit un sartan autre que le valsartan, ce qui a pu diluer l’effet, relate-t-il. Par ailleurs, un tiers des patients avait stoppé le traitement dans le groupe valsartan, et comme toujours dans ces études de longue durée, il y a eu environ 13 % de perdus de vue. En dépit de ces limites, j’estime qu’il n’y a pas d’indication pour les ARA II pour la prévention d’événements CV chez les patients intolérants au glucose avec des facteurs de risque CV ».

(1) N Engl J Med 2010; 362:1575-1585

(2) N Engl J Med 2010; 362:1563-1574

(3) N engl J Med 362;16 april 22, 2010

(JLL- Le Généraliste)

Topo à télécharger

25/02/2011 19:04 par asformedmsg

Mise au Point sur les Nouveaux Anticoagulants

http://msgasformed.free.fr/doc/NXANTICOAG2011.pdf

MEDIATOR, garez vos miches ! (suite)

24/02/2011 09:48 par asformedmsg

DANS L’AFFAIRE MEDIATOR,

les laboratoires Servier pourraient être tentés de se défendre en rejetant la faute sur les médecins ayant prescrit hors AMM.

JLL-Le Quotidien

Médicament sur internet ? l'Europe dit OUI

20/02/2011 23:32 par asformedmsg

  • Médicament sur internet ? l'Europe dit OUI

    Médicament sur internet ? l'Europe dit OUI

    20/02/2011 23:32 par asformedmsg

Mercredi 16 février, les députés européens ont approuvé une nouvelle législation concernant la vente de médicaments sur Internet par 569 voix pour, 12 voix contre et 7 absentions.
 

Depuis 2005, le nombre de médicaments contrefaits saisis a augmenté de 400 %. La principale raison à cette explosion est la progression des ventes sur le net. Plus de la moitié des transactions virtuelles seraient effectuées sur des sites non autorisés et les produits proposés seraient des contrefaçons allant de produits inefficaces à des substances carrément dangereuses.

Pour tenter d'enrayer la tendance, les nouvelles mesures européennes prévoient la mise en place d'un « label ». Les sites de vente autorisés par les autorités nationales devront porter un logo, reconnaissable dans l'ensemble de l'UE. De plus, toutes les plateformes virtuelles devront être reliées aux sites des autorités nationales, eux-mêmes reliés à un site européen.

De plus, la Commission, en coopération avec l'Agence et les États membres, devra mettre en place des campagnes de mise en garde contre les risques liés à l'achat de médicaments provenant de sources illégales via l'internet. Des sanctions plus sévères seront aussi introduites au niveau national contre les fabricants et distributeurs des médicaments falsifiés, y compris par Internet. Car l'autre point important du texte est le renforcement des contraintes de traçabilité et sécurité concernant la chaîne d'approvisionnement.

Pour la députée européenne UMP, Françoise Grossetête, « le pharmacien a un rôle très important parce que c’est un des maillons essentiels de la chaîne pharmaceutique. Nous devons veiller à ce qu'il s'approvisionne dans des circuits de qualité ».

Le texte a déjà été approuvé par les chefs d'État et de gouvernement européens, ce qui va lui permettre d'être rapidement promulgué au journal officiel de l'Union européenne. Les États membres auront alors 24 mois pour modifier leur législation nationale.

(Impact - JLL)

Conseil médical en ligne

20/02/2011 23:27 par asformedmsg

  • Conseil médical en ligne

    Conseil médical en ligne

    20/02/2011 23:27 par asformedmsg

Des sociétés se développent pour proposer des conseils médicaux en ligne ou par téléphone. Elles visent d'autres prestations: suivi de maladies chroniques et même consultations à distance. 

Ils s'appellent Medecindirect, Wengo Santé ou encore Docteurclic et proposent des informations et conseils médicaux par téléphone ou Internet, délivrés par des médecins. Si les consultations médicales à distance, autorisées légalement depuis quelques mois, ne sont pas encore effectives, le créneau de la télésanté est en plein essor en France. Avec, selon les opérateurs, des prestations et des coûts variables. Ouvert depuis quelques jours, Wengo Santé offre ainsi de mettre en relation les particuliers avec un médecin «7 jours sur 7 et 24 heures sur 24». Ce service est développé par Wengo, une société spécialisée dans le conseil par téléphone, en partenariat avec H2AD, plate-forme médicalisée de téléassistance et télésurveillance.

La prestation de conseil médical, uniquement téléphonique, est facturée 2,50 euros la minute. «La durée moyenne de l'appel est de 5 à 10 minutes, et nous avons des questions diverses qui vont de que signifie avoir des ganglions à qu'est ce qu'une leucémie à tricholeucocytes», assure le Dr Paul Verdiel, président de H2AD, en insistant sur le fait qu'il s'agit d'informer, pas de se substituer à une consultation médicale. Sa société développe progressivement d'autres services, principalement pour faciliter le suivi de maladies chroniques à domicile, grâce à la transmission de données mesurées par les patients (tension artérielle, glycémie…) aux professionnels de santé.

Créée en 2008, Medecindirect a une approche un peu différente. Pour l'instant, les prestations de conseil sont uniquement accessibles sur Internet, via des plates-formes sécurisées. Des communications par téléphone et webcam sont prévues. Les services sont proposés gratuitement à des adhérents de mutuelles qui ont conclu un partenariat avec Medecindirect.

La société cherche aussi à passer des contrats avec des entreprises, qui en feraient bénéficier leurs salariés. Pour les employeurs, l'intérêt est de diminuer l'absentéisme. Conseils avant un voyage, demande d'informations pour préparer une consultation spécialisée, ou après celle-ci -pour préciser le diagnostic posé ou le traitement prescrit-, les huit praticiens de Medecindirect font face à toutes sortes de questions de médecine générale. «Nous privilégions la qualité, ce qui fait qu'une prestation prend 30 à 40 minutes au médecin, avec plusieurs échanges d'e-mails», précise le Dr Frédéric Dussauze, l'un des fondateurs de Medecindirect, en martelant qu'il ne s'agit pas d'entrer en concurrence avec les médecins traitants mais de les épauler.

Code de déontologie

Même s'il n'y a ni consultation ni prescription, les syndicats de médecins sont assez réservés sur ces initiatives. Et le Conseil de l'ordre des médecins veille au grain. «Les prestations de conseil engagent la responsabilité des médecins , ils doivent respecter le code de déontologie et avoir un contrat en responsabilité civile pour ces activités», rappelle son vice-président, le Dr Jacques Lucas, qui s'est manifesté auprès des médecins de Wengo Santé, dont le premier communiqué de presse était «ambigu». Les consultations médicales à distance ne sont, elles, par pour demain, et ne seront sans doute pas généralisées.

«Le décret sur la télémédecine prévoit des conditions extrêmement précises, dans le cadre d'un contrat national ou avec une agence régionale de santé», dit encore le Dr Lucas. Il plaide en tout cas pour une mise en œuvre assez rapide d'un système d'ordonnances électroniques sécurisées, pour la prescription de médicaments ou d'examens biologiques. «C'est un vrai besoin, et ce n'est pas très compliqué», conclut-il.

JLL - Le Monde

Pour rire ! (pas sur...)

20/02/2011 23:23 par asformedmsg

  • Pour rire ! (pas sur...)

    Pour rire ! (pas sur...)

    20/02/2011 23:23 par asformedmsg

Vaccin H1N1, suite

09/02/2011 10:31 par asformedmsg

  • Vaccin H1N1, suite

    Vaccin H1N1, suite

    09/02/2011 10:31 par asformedmsg

SANTÉ - L'OMS recommande des enquêtes «plus poussées»...

L'Organisation mondiale de la santé s'inquiète d'une augmentation des cas de narcolepsie chez des enfants vaccinés contre le virus de la grippe H1N1, et jugé mardi «justifié» de diligenter des enquêtes «plus poussées».

«Depuis août 2010, à la suite d'une vaccination étendue contre la grippe H1N1 de 2009, des cas de narcolepsie, en particulier chez des enfants et adolescents ont été constatés dans au moins 12 pays», a expliqué l'OMS dans une note.

Soupçons sur le vaccin Pandemrix

Ces cas ont été plus fréquents en Suède, Finlande et Islande, ajoute l'organisation près d'une semaine après que la plus haute autorité sanitaire finlandaise a annoncé qu'elle soupçonnait fortement le vaccin Pandemrix du laboratoire GlaxoSmithKline (GSK) d'avoir contribué à la multiplication des cas de narcolepsie chez les enfants et les adolescents finlandais en 2009 et 2010.

L'Institut national finlandais pour la santé (THL) a reconnu que des études plus poussées étaient nécessaires pour le démontrer mais a estimé que «l'association observée (était) si évidente qu'il est improbable que d'autres facteurs dits collatéraux puissent expliquer le phénomène».

60 enfants diagnostiqués

Rare, la narcolepsie, ou maladie de Gélineau, est une affection neurologique qui se traduit par des accès de sommeil irrésistibles qui surviennent de façon inopinée et par une fatigue extrême.

En 2009-2010, les médecins finlandais ont diagnostiqué des cas de narcolepsie chez 60 enfants et adolescents de 4 à 19 ans, soit près de trois fois plus que lors des deux années précédentes. Dans près de 90% des cas (52), ceux-ci avaient été vaccinés avec le Pandemrix, qui a été injecté à plus de 90 millions de personnes dans 19 pays lors de campagnes de vaccinations contre la grippe H1N1, selon THL.

Le Comité consultatif sur la Sécurité des Vaccins (GACVS) de l'OMS s'est penché sur la question et il «a convenu que des enquêtes plus poussées étaient justifiées concernant (le lien entre) la narcolepsie et la vaccination contre la grippe H1N1 avec le Pandemrix et d'autres vaccins» contre ce virus déclaré première pandémie du siècle en juin 2009, a indiqué l'OMS. La question ne se pose en revanche pas, assure l'agence onusienne, pour les vaccins classiques contre les grippes saisonnières ou autre maladie utilisés par le passé.

© 2011 AFP

radiographies déremboursées ? qui est au courant ?

05/02/2011 09:28 par asformedmsg

L'assurance maladie a décidé que certaines radios du thorax et de l'abdomen n'étaient plus indiquées, et par conséquent ne seront plus remboursées. Une décision qui ne fait pas l'unanimité.

Moins de rayonnements mais surtout moins de dépenses de santé. S'appuyant sur des recommandations de la Haute Autorité de Santé, l'assurance maladie a en effet décidé que le recours à des radios du thorax et de l'abdomen n'était pas nécessaire dans plusieurs cas, soit parce que la radio paraît inutile, soit parce qu'un autre examen, notamment un scanner, est jugé plus approprié. Conséquence logique: si l'acte est tout de même effectué, il est à la charge du patient.

Paru dans le Journal Officiel du 26 décembre 2010, le décret est entré en vigueur le 25 janvier dernier.

Les actes de radios du thorax ne sont plus indiqués dans les cas suivants:

- infections des voies aériennes hautes (bronchite aigüe, bronchiolite, douleurs thoraciques)

- hypertension artérielle ;

- suivi périodique de l'insuffisance cardiaque congestive chronique et des cardiomyopathies ;

- en préopératoire de chirurgie non cardiothoracique chez les adultes de moins de 60 ans sans pathologie cardiopulmonaire ou avec pathologie cardio-pulmonaire stable


Quant aux radios de l'abdomen, les non-indications concernent les situations suivantes :

- douleur abdominale

- syndrome occlusif

- saignement gastro-intestinal aigu,

- hématémèse, mélaena

- pathologie vésiculaire, biliaire et pancréatique

 

Une application «problématique»

La caisse d'assurance maladie a réagi en refusant de parler de «déremboursement»: «Nous mettons en oeuvre les recommandations de la Haute Autorité de Santé. Nous prenons en charge les radios quand elles respectent celles-ci», se défend-elle.

Les recommandations ne font en tout cas pas l'unanimité auprès des professionnels de santé. Pourle Dr Jacques Niney, président de la Fédération Nationale des Médecins Radiologues, si certaines radios étaient «trop pratiquées», deux des contre-indications décidées par l'assurance maladie posent tout de même problème : les infections des voies aériennes hautes et le syndrome occlusif. «Le radiologue est un médecin, rappelle-t-il. Il doit appliquer les contre-indications en fonction de l'examen clinique de son patient». Il souligne par ailleurs le nombre de scanners en France, insuffisant et inférieur aux normes européennes.

Le Syndicat des Radiologues Hospitaliers a également fait connaître son insatisfaction dans un communiqué : reconnaissant que «la démarche apparaît au premier abord, positive», le syndicat met en garde contre une application «problématique, voire inflationniste». «En effet, il n'est pas recommandé de pratiquer des radiographies de l'abdomen devant des douleurs abdominales mais de pratiquer un scanner ou une échographie, si le diagnostic clinique est incertain...»

Le déficit de la Sécurité sociale est estimé à 23,2 milliards d'euros pour l'année 2010. D'après Le Parisien - Aujourd'hui en France, les radios du thorax pratiquées par les radiologues de ville ont coûté 120 millions d'euros à la Sécurité sociale en 2009.

Le Figaro

Insuffisance Cardiaque. Un déficit de prescription chez la moitié des octogénaires

01/02/2011 10:37 par asformedmsg

  • Insuffisance Cardiaque. Un déficit de prescription chez la moitié des octogénaires

    Insuffisance Cardiaque. Un déficit de prescription chez la moitié des octogénaires

    01/02/2011 10:37 par asformedmsg

L’observatoire d’Octocardio montre que la moitié des sujets très âgés de plus de 80 ans ne reçoivent pas les traitements recommandés. Pourtant, l’âge n’est pas une limite en soi à la prescription des thérapeutiques validées.

Les résultats d’OCTOCARDIO, premier observatoire français des hospitalisations en cardiologie des patients de 80 ans et plus, démontre « un déficit de prescription chez ces patients avec des taux globalement inférieurs de moitié en comparaison à ce qu’il devraient être suivant les recommandations » indique G. Moubarak, Hôpital Saint-Joseph. Dans cette population de 510 patients âgés en moyenne de 85±4 ans (21% avaient plus de 90 ans), trois patients sur 4 étaient hypertendus et un tiers étaient diabétiques. Trois pathologies ont été principalement étudiées : la fibrillation auriculaire (FA), l’insuffisance cardiaque (IC) et la maladie coronarienne (MC) qui représentaient respectivement 42, 39 et 37%. Un patient sur 4 avait une FA associée à une IC et près d’un sur dix avaient les trois pathologies associées. Plus de 90% des patients en FA auraient du avoir des antivitamines K mais seulement la moitié en recevaient et 22% n’avaient ni aspirine ni antivitamines K. Chez les patients coronariens là encore moins de 60% avaient le traitement habituellement recommandé (IEC, bêta-bloquants, statine et aspirine), enfin toujours pas de traitement optimal dans l’insuffisance cardiaque avec une prescription d’IEC de l’ordre de 40% et de bêta-bloquants de 48%. Aucune des comorbidités cardiaques ou extra-cardiaques (évaluées par l’index de comorbidités de Charlson) évaluées chez ces patients n’explique ce déficit de traitement. L’analyse des résultats doit se poursuivre à la recherche d’une explication à ces différences sachant que les résultats de cet observatoire vont dans le sens des études réalisées et qui concluent que l’âge en lui-même est un facteur de sous traitement

L’âge est un facteur de sous-traitement

Pour le Dr François Delahaye (Hôpital cardiologique, Bron), « il n’y a pas de raison de priver les patients âgés des traitements efficaces ». Indépendamment de l’âge en soi, les sujets très âgés se caractérisent par une grande hétérogénéité sur le mode de vie et les comorbidités, ce qui nécessite une évaluation gérontologique lorsque c’est possible. Le sujet âgé est susceptible de décompenser plus facilement avec un état nutritionnel précaire et en moyenne sept pathologies associées dont deux prédominantes. Le Dr Delahaye a rappelé que ces patients ont un risque iatrogénique plus élevé. Ainsi, les posologies de diurétiques doivent être réduites dès que possible après l’épisode de décompensation. Les IEC sont à utiliser à distance de la déplétion volémique pour éviter les hypotensions et les problèmes rénaux. Les bêta-bloquants ont prouvé leur efficacité chez les plus de 70 ans dans l’étude SENIORS chez les plus de 70 ans. Une étude montre que les patients qui ne prennent pas de bêta-bloquant ont un moins bon pronostic que ceux traités à bonne dose. Il sont à instaurer à distance de l’épisode aigu, à petite dose en arrêtant les inhibiteurs calciques et les nitrés pour éviter l’hypotension jusqu’à atteindre la dose maximale tolérée. Les anti-aldostérones prescrits en classe NYHA III et IV et bientôt en classe II sont à utiliser à la posologie faible de 12,5 mg par jour en surveillant l’ionogramme et la fonction rénale pour éviter les hyperkaliémies. Les digitaliques sont utilisés en cas de FA à faible dose en s’aidant du dosage plasmatique. La resynchronisation et les défibrillateurs sont des problématiques délicates mais la resynchronisation semble légitime dans les cas où elle est indiquées sur des critères électroardiographique et échocardiographiques. En revanche, le défibrillateur est plus discutable. Les règles hygiéno-diététiques doivent être relativement souples dans la mesure où le régime désodé strict expose à l’anorexie et à la dénutrition. « Il faut demander au patient ce qu’il souhaite et se méfier des syndromes dépressifs » a ajouté le Dr Nathalie Faucher (gériatre, hôpital Bichat Claude Bernard, Paris). « Il y a aussi la demande de la famille à prendre en compte. La problématique en ville est la prise en charge de l’insuffisance cardiaque terminale au domicile ou en EHPAD, il y a beaucoup trop de transferts itératifs pour décompensation en aigu ».

Dilemme de la fin de vie

A ce propos, le Dr Frédéric Lapostolle (Samu, Bobigny) a expliqué que le SAMU faisait toujours le maximum en urgence, quitte à faire une réévaluation et une désescalade des thérapeutiques dans les 48 heures lors de l’hospitalisation. Pour l’urgentiste, les recommandations pour le diagnostic et la prise en charge de l’insuffisance cardiaque du sujet âgé publiées en 2004 s’appliquent et elles prévoient d’utiliser les thérapeutiques actives, le traitement pharmacologique et la ventilation. Pour la ventilation assistée au cours de l’OAP, la ventilation non invasive est privilégiée mais elle ne peut pas être utilisée chez le patient souffrant de démence. Elle permet de réduire la fréquence respiratoire et d’améliorer l’oxygénation tissulaire. « Il ne faut pas conduire l’urgentiste à se prendre pour Dieu. On ne doit pas continuellement à être dans une situation où on doit décider si l’on veut faire vivre ou pas le malade a souligné le Dr Lapostolle ». Les recommandations de la société française d’anesthésie-réanimation préconisent d’ailleurs une réflexion collégiale faisant intervenir 3 médecins.

Le Dr Véronique Fournier (centre d’éthique clinique, Hôpital Cochin, Paris) a abordé le point de vue éthique de la prise en charge de l’insuffisance cardiaque terminale. Elle a précisé « L’insuffisance cardiaque à une histoire naturelle de très longue chronicité émaillée de crises aiguës et il est difficile de définir un point de non-retour ». La discussion avec le patient doit se situer en amont et ne pas être centré sur la médecine ou les soins d’urgence mais plutôt sur le mode de vie du patient. Il faut discuter avec le malade de ses craintes et de ses désiderata. « Il est important d’introduire les soins palliatifs précocement et de façon complémentaire mais il n’est pas facile de les proposer » indique le Dr Fournier. D’autant qu’on est tenté d’être de plus en plus invasif avec les remplacements valvulaires percutanés, les angioplasties ou la pose de stimulateurs qui sont possibles chez des personnes très âgées. « Le curatif est un élément du palliatif dans une maladie où la mortalité est très élevée. Il faut privilégier le confort et conduire des réévaluations régulières » a conclu la spécialiste.

Le Généraliste -JLL